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jeudi 17 décembre 2015

24 heures au Mans voire même un peu plus....



Marché des Jacobins au pied de la cathédrale Saint-Julien - Ph Gérard Conreur

J’avoue que je ne me suis pas cassé la tête avec ce titre. Mais pour la plupart des gens qui ne connaissent pas Le Mans, deux images viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on parle de cette ville de la Sarthe : 24 heures du Mans et Les Rillettes du Mans. Pourtant un petit séjour dans cette ville remet rapidement les pendules à l’heure : Le Mans est une ville magnifique qui mérite le détour. Bien sûr, nous sommes allés à la recherche des meilleurs rillettes de la Ville, bien sûr nous avons fait « vroum vroum » en songeant aux 24 heures mais nous avons vu et aimé bien autre chose dans cette préfecture de la Sarthe, située dans la région des pays de la Loire, à 185 kilomètres à vol d’oiseau de Paris.

Cathédrale Saint-Julien - Photo Gérard Conreur
La cathédrale Saint-Julien, témoignage médiéval du style architectural du gothique angevin, atteste de la richesse historique de la ville. Il faut absolument prendre le temps de la visiter.  C’est ici que Geoffroy V le Bel dit Plantagenêt (1113-1151) épousa  le 17 juin 1128 Mathilde L’Emperesse, fille d’Henri 1er d’Angleterre et Duchesse de Normandie. Ainsi fait, la paix entre la Normandie et l’Anjou était assurée.  Au pied de la cathédrale, la Cité Plantagenet, nom donné au Vieux Mans. On y flâne avec grand bonheur. Décor rêvé pour plusieurs grands films d’époque.

Souvenez-vous de La Dame de Monsoreau (Yannick Andréi – 1971), Que La fête commence (Bertrand Tavernier – 1974), Le Bossu (Philippe de Broca – 1997 avec Daniel Auteuil), Molière ou encore Jean de la Fontaine et terminons cette liste non exhaustive par La Maison du chat qui pelote, d’après Honoré de Balzac et réalisé en 2009 dans la série Contes et Nouvelles du XIX° siècle pour France 2 avec la belle (je n’ai pas dit l’historique)  Arielle Dombasle. 
Maison ancienne de la Cité Plantagenêt - Ph Gérard Conreur

Alors, les pavés usés par le temps, les lieux marqués par une histoire très riche, ne sauraient nous faire oublier que Le Mans est aussi un lieu où l’on attaque le quotidien avec un joli coup de fourchette et des vins qui ruissellent d’allégresse par ici et dont j’ai relevé quelques noms.

Le jasnières est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit sur les communes de Lhomme et de Ruillé-sur-Loir dans la Sarthe. La superficie de cette appellation représente 65 hectares avec le chenin B comme cépage. Ce vignoble a été développé par des moines cisterciens au Moyen Âge.

Vous le dégusterez à l’Un des Sens, bar à vins, caves à manger 9 rue du docteur Leroy, autour d’une assiette de Charcuterie dans une ambiance jeune et décontractée. Enfin un vin risque de s’installer durablement dans votre verre mais aussi dans votre mémoire car il augure de grands moments : le Pineau d’Aunis, à la robe rubis, aux arômes poivre et framboises. Pas d’impatience, nous parlerons des rillettes plus tard.

L'un des Sens

Masatochi Takayanagi

Pour vous mettre en appétit avant les choses sérieuses, quelques pâtisseries françaises revisitées par le chef japonais Masatochi Takayanagi, 12 rue du tertre. Je retiens un Paris-Tokyo qui n’est pas à prendre avec des baguettes sur l’air du Paris-Brest, bien sûr.


Une bonne table…


La fontaine des Saveurs est une excellente  table du Mans. Le Chef Didier Gadois est également Président de l’association des 19 bonnes tables et produits de proximité. Nous lui laisserons la parole sans en perdre une miette.


Didier Gadois




Didier Gadois, son parcours :



Didier Gadois : l'association du goût :





Tempura de crevettes et langoustines sur fondue de poireaux


...Une Excellente adresse


Vous voyez, avec un peu de patience on y arrive enfin... A ces fameuses rillettes du Mans. Vous en avez rêvé,  Hervé Aumaille les a mitonnées et nous lui avons rendu une petite visite dans son magasin La Charcuterie du Pré, 8 rue du Pré,  Le mans. Avec son épouse, il nous a accueillis chaleureusement dans une charcuterie presque trop petite pour nous présenter une gamme de produits authentiques, gourmands et savoureux qui valait vraiment le déplacement. D’ailleurs, la modestie de Monsieur Aumaille dût elle en souffrir, ses produits ont été primés à plusieurs reprises (plusieurs Médailles d’or et Premier prix notamment).  Je me suis régalé car je n’avais jamais mangé de rillettes auparavant et croyez-moi sur parole, ce n’est pas un langage de pub mais la vérité pure. Je suis sorti de la charcuterie de Monsieur Aumaille avec mon petit pot de rillettes et après être rentré chez moi, en région parisienne, je suis allé acheter le meilleur pain que l’on trouve ici. J’ai ensuite débouché une bonne bouteille et j’ai festoyé en songeant à Geoffroy V le Bel  dit Plantagenêt même si, lui et moi, nous n’avons pas les mêmes valeurs…

Hervé Aumaille – la Charcuterie du Pré, Le Mans

Hervé Aumaille,dans sa charcuterie



Pour terminer, je profite de l’occasion pour signaler aussi Le Tablier de Jaurès , 128 rue Jean Jaurès et son chef Jérôme Lair. Il fait partie de l’Association du Goût citée plus haut. Il propose une carte extraordinairement sympathique avec une réelle créativité dans une ambiance sobre et conviviale. Son dessert m’a littéralement bluffé. J’espère retourner chez lui et l’interviewer.


Des œufs à la coque ? Il s’agit en réalité d’une Crème vanillée au cœur de Mangue et petit feuilleté de fruits secs. Et croyez-moi sur parole, c'est un délice !

Gérard Conreur - Novembre 2015



mercredi 30 septembre 2015

Coups Doubles, une recette peut en cacher une autre !



Quatrième : Coups doubles, c'est le coup du pot-au-feu qui se transforme en parmentier ! De la ratatouille en Crumble, La Poule au pot en Risotto, le Gigot en Moussaka, la Poire Belle-Hélène en Soufflé et le Cake au citron en Omelette norvégienne...

40 coups doubles, soit 80 recettes pour réduire les contraintes et multiplier
les plaisirs.

C’est très simple : on cuisine une fois pour deux repas. En anticipant, un plat du jour devient sans effort un plat du lendemain. Des menus variés, des listes de courses maîtrisées, des restes… oui ! mais dégustés différemment. Alors on cuisine malin et gourmand, on rentabilise le temps passé derrière les fourneaux, et on n’oublie pas qu’une recette savoureuse peut toujours en cacher une autre excellente !





Ci-dessus à gauche : Les magrets de canard aux cerises, polenta express… > Salade de mâche, magret, crottin, pomme granny, cranberries et noix. Au centre, les moules marinières… > Soupe de moules coco et moules en brochettes panées. Et enfin à droite : la crème brulée à la vanille… > Fruits meringués et financiers au thé matcha. (photos extraites de l’ouvrage).
 

Mon avis : Lors de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les privations, les pénuries alimentaires et les tickets de rationnement  s’installèrent durablement à l’ombre du Maréchal Pétain et du régime de Vichy qui n’avait jamais aussi bien porté son nom, on trouvait ici ou là des petits guides de survie pour les ménagères qui, vaille que vaille, tentaient de faire bouillir malgré tout la marmite. Il était question d’accommoder les restes pour qu’il n’en reste rien. Comment faire un semblant de potage avec des épluchures, un petit café sans café mais avec beaucoup de chicorée ou de cette poignée de malt patiemment torréfié dans une vieille poêle. Evidemment l’ouvrage de Sylvia Gabet, « Coups Doubles » n’a rien à voir avec ce système D mais qui d’entre nous, parce qu’il était seul à table, célibataire par exemple, ou membre d’une famille  à l’effectif réduit, n’a jamais renoncé à se mettre aux fourneaux en se disant que même en réduisant les volumes il risquait de confectionner un plat dont il reverrait la couleur plusieurs repas de suite ? Sylvia Gabet a trouvé la solution : on confectionnera d’excellents accras avec les mêmes ingrédients qui ont permis ce délicieux écrasé de pommes de terre à la morue. Souvenez-vous de ce parmentier de votre enfance qui succédait comme par magie à ces jours où le pot au feu trônait au milieu de la table ? Je me souviens même de succulentes boulettes confectionnées avec cette même viande de Feu, le  pot au feu. Coups Doubles, un livre utile, astucieux, superbement tendance à une époque où le gaspillage alimentaire est une aberration et le retour à une cuisine excellente une nécessité. Gérard Conreur

L’auteure : Sylvia Gabet, installée en Suisse, est une auteure de livres de cuisine prolifique. Tantôt réalisés en collaboration avec des grands chefs (Éric Frechon, Yves Camdeborde, Georges Blanc…) ou issus de sa pratique de mère de famille, ses ouvrages ont tous la même vocation : répondre à une question pratique de la cuisine au quotidien. Ses derniers succès : On mange quoi ce soir ?, Venez dîner à la maison !,Fauché gourmand – spécial étudiant et Les Grandes Tablées aux éditions de La Martinière.
 
Coups Doubles, une recette peut en cacher une autre ! 
Art de Vie
193x260 mm – 224 pages
Parution Octobre 2015 – 978273247081
Prix : 21.90 euros (France)