jeudi 31 octobre 2013

Foire aux Oignons à Mantes-la-Jolie




Thématiques médiévales, produits d’antan et saltimbanques, Mantes-la-Jolie fêtera di­manche 24 novembre la 565° Foire aux oi­gnons. Retour aux traditions pour cette foire, l’une des plus anciennes de France, créée à l’issue de la guerre de cent ans.
En effet, la Foire aux Oignons de Mantes-la-Jolie est l’une des plus anciennes foires de France. À l’issue de la Guerre de 100 ans, Charles VII avait remercié les Mantais pour leur fidélité à la couronne en leur donnant le droit d’organiser une grande foire, chaque mois de novembre.
Ce n’est qu’au moment de la Révolution française que cette foire prendra le nom de Foire aux Oignons. Grande terre maraichère, le Mantois était réputé pour la qualité de ses oignons mais aussi de ses asperges. Cinq siècles plus tard, elle est toujours le rendez-vous gastronomique des gourmands pour découvrir les saveurs du terroir et le savoir-faire des artisans locaux.

vendredi 25 octobre 2013

infiniment chocolat



Vous êtes un fou de chocolat ? Ce livre est pour vous. Huit menus tout chocolat ou presque, de l'apéritif au dessert. Et pour les accompagner, bien sûr les vins doux naturels du Roussillon - Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes, Banyuls, Maury - et toute une gamme de vins secs, rouges, blancs et roses, dont les accords avec le chocolat et la personnalité s'expriment pour notre plus grand bonheur. 

Avec ce livre-atelier découvrez une nouvelle manière de déguster le chocolat : en vous amusant ! Apprenez à accommoder le chocolat dans de délicieux menus. Chaud, en morceaux, en mousse ou associé à d'autres saveurs comme la coriandre ou le citron, cuisiner cet ingrédient phare deviendra un jeu d'enfant ! Invitez vos ami(e)s et régalez-vous en les impressionnant. 

Mon avis : Très très très abondamment et joliment illustré. Difficile de résister à cette créativité gourmande qui vous fera fondre à chaque page.

Gérard Conreur

Infiniment chocolat
Collection je m'organise, je décore, je cuisine
Ed Le cherche midi (www.cherche-midi.com)
96 pages, format 14X21 - Prix 7,90 euros
En librairie le 24 octobre 2013

vendredi 11 octobre 2013

Boulangerie au naturel, recettes sucrées et salées 100% végétales

Depuis ses origines, le pain bénéficie de l’image d’un produit naturel, mais derrière ses ingrédients principaux, farine, eau, sel et levure, il existe toute une panoplie d’additifs et de contaminants autorisés sous un seuil de tolérance réglementé. Cet aliment de base n’est donc pas épargné par les dérives de la production industrielle et cela peut avoir des répercussions sur notre santé. À travers cet ouvrage, Laurent Louis en apporte le témoignage : il a commencé une carrière de boulanger classique mais après avoir contracté des allergies aux farines traitées, il a dû se réorienter vers celles issues de l’agriculture biologique. Et comme cette première intolérance s’est doublée de celle aux produits d’origine animale – œufs, lait et beurre –, il a étendu son savoir-faire à toutes les gourmandises habituellement vendues en boulangerie en en proposant des variantes 100 % végétales. Pains aux saveurs multiples mais aussi croissants, tartes salées et sucrées, gâteaux, mettent ici à l’honneur lait de soja, poudre de curcuma, caroube, graines de lin...

Paru le 12 septembre 2013 aux éditions Alternatives dans la collection Tout beau tout bio. 112 pages, 14,5 x 21 cm, broché. 13,50 €

Les auteurs :

Après un parcours classique de boulanger-viennois, Laurent Louis a découvert la fabrication du pain bio au sein du restaurant Country Life, puis en développant une allergie aux farines traitées. Il possède aujourd’hui sa propre activité et propose à ses clients toute une gamme de pains et viennoiseries à son image : pas de produits d’origine animale et un travail artisanal à l’ancienne. Sa passion pour la nature et l'alimentation est érigée en art de vivre et rien n'est laissé au hasard, y compris au niveau des techniques employées, confection de son propre levain, pétrissage à la main, eau filtrée et pétrin en vois. Un travail artisanal qu'il nous propose d'expérimenter à sa suite.

Photographe et passionné de cuisine, Olivier Picard s’est naturellement tourné vers la photographie culinaire pour mettre en valeur une alimentation naturelle et saine. Dans la collection Tout beau, tout bio, il a également illustré de son travail photographique les algues au naturel.


Mon avis :

Un petit livre comme je les aime car il a le goût des choses simples mais savoureuses. Il regorge d'idées, il déborde de ce savoir faire qui fait la richesse de notre culture surtout lorsqu'il est, comme ici, généreusement offert par l'auteur. Bref au fil des pages tout est bon comme du bon pain. Autre chose à signaler : la richesse des photos. Non seulement, elles mettent remarquablement en appétit mais elles détaillent également le tour de main qui associé à des astuces et autres "bon à savoir" généreusement dispensés au fil des pages, feront de vous un véritable mitron. Bref, à dévorer sans en perdre une miette.

Gérard Conreur, 11 octobre 2013

jeudi 26 septembre 2013

Sur les traces du sel en Franche Comté

Saline Royale d'Arc-et-Senans - © Gérard Conreur



Les spécialistes le clament à l’unisson : l’excès de sel nuit à la santé. Force est de constater que notre alimentation ne manque pas de sel. Nous salons à l’envi nos  assiettes sans même en goûter le contenu. Tel un grelot, nous agitons follement la salière…  Et que dire de l’alimentation industrielle ? Additifs, conservateurs, colorants, sans oublier la pincée massive de perlimpinpin qui donnera un semblant de goût même si le sel n’a jamais été cet exhausteur présumé. Au final une note elle-même trop salée à de nombreux points de vue. Pourtant effaçons vite ce tableau noir et redonnons à l’or blanc, ses qualités : le sel en quantité raisonnable est indispensable à la vie, il est l’essence de notre civilisation, il marque nos expressions, nos coutumes, nos religions et fait partie de nous-mêmes. Si nous sommes encore là, c’est un peu, voire beaucoup,  grâce à lui. 

Le sel : seulement dans l’eau de mer ?

Galerie souterraine de la saline de Salins les Bains - © Gérard Conreur
Dans la galerie souterraine de Salins
Le sel sur notre planète n’a qu’une origine :  la mer, les océans. Curieux parallèle, la vie elle-même n’a-t-elle pas émergé mais bien plus tard des profondeurs de la soupe originelle ? Des mines de sel de triste mémoire ou encore du sel gemme que des générations d’écoliers ont étudié  jadis en « leçon de choses », l’origine est identique : ces mers très anciennes qui ont disparu il y a des millions d’années. Imaginez,  il y a 215 millions d’années ces Maldives tropicales peu profondes qui sont aujourd’hui devenues nos régions de l’est de la France et le réchauffement climatique n’a rien à voir dans cette histoire qui a vu notre Terre soumise à un façonnage dantesque, à des forces telluriques considérables. D’autres planètes de notre système solaire ont eu moins de chances que la Terre, Mars par exemple. Trouvera-t-on sur la planète rouge du sel en quantité, résultant de l’évaporation des mers,  océans et grands lacs ? Mais tout cela ne nous éclaire pas sur l’origine du sel. Alors remontons encore plus loin dans le temps : il y a quatre milliards d’années, bien avant les dinosaures. Il ne fait pas bon vivre sur Terre. Notre planète est le siège d’une activité volcanique intense  particulièrement violente qui va libérer dans l’atmosphère et durant des dizaines de millions d’années des quantités considérables de gaz toxiques et de vapeur d’eau, de gaz carbonique aussi. Parmi ces gaz toxiques, du soufre et du chlore. Pas de quoi franchement faire pousser des pâquerettes. Et puis la Terre va lentement se refroidir. La vapeur d’eau captive en atmosphère va retomber en pluies massives accélérant le refroidissement. Au passage elle se charge des gaz en suspension, ce qui va augmenter son acidité, son pH, et provoquer le « décapage » et l’érosion des sols et en particulier de roches riches en sodium qu’elle va dissoudre. Résultat : du chlorure de sodium, autrement dit du sel de table. En suspension dans l’eau de mer à raison de 30 à 40 g de sel par kg, cristallisé dans les profondeurs géologiques comme ici en Franche Comté et lentement dissous par les eaux souterraines, c’est toujours le même sel des origines dont il s’agit.

Grande Saline de Salins et Saline Royale d’Arc-et-Senans

Saline Royale d'Arc-et-Senans - © Gérard Conreur
Arc-et-Senans © Gérard Conreur
Il y a du sel dans l’eau de mer or mers et océans couvrent 71% de notre planète. Et il y a du sel dans les failles géologiques mais aussi tapissant en couches épaisses le fond d’anciennes mers aujourd’hui disparues. Avec le jeu des alluvions, des recouvrements successifs  et du temps, ces veines de sel se situent désormais dans les profondeurs de la Terre. Au niveau de Salins-les-Bains où se situe la Grande Saline, le banc de sel d’une centaine de mètres d’épaisseur se situe à 250 mètres de profondeur. Les eaux d’infiltration qui « lessivent » le banc de sel vont resurgir ailleurs en surface, en autant de sources, mares et près ou champs salés.  A Salins-les-Bains donc, point n’est besoin d’aller chercher le sel, il est transporté le plus naturellement du monde par l’eau dans lequel il s’est dissous en pourcentages plus ou moins importants même si le labeur des hommes pour récupérer l’or blanc par évaporation était éprouvant. Pour la saline royale d’Arc-et-Senans qui fonctionna de 1774 à 1895, le problème était plus épineux puisqu’il fallait faire venir l’eau salée – la saumure – de Salins par un « saumoduc » canalisation longue de 21 kilomètres. Fuites naturelles du saumoduc, brigandages et contrebandes à une époque où le sel était particulièrement onéreux dans le royaume – peut-être un peu moins en Franche Comté, province de production – ont largement réduit l’attractivité industrielle de la saline royale d’Arc-et-Senans.


Fut-elle rentable un jour ? La question peut se poser. On a dit que la Régie Renault, dans l’immédiate après-guerre puis les années cinquante et soixante, avait fait figure de « laboratoire social ». Sans aller jusque là, on peut dire qu’Arc-et-Senans fut pour son concepteur, Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), une sorte de manufacture  de l’utopie. Tout y était pensé, raisonné mais était-ce pour le bien des ouvriers ou la sacralisation féroce de toutes les hiérarchies ? Par le demi-cercle, on réduit les pas d’un lieu à un autre pour égaliser toutes les distances mais est-ce pour épargner la peine des hommes ou accroitre la productivité ? De la production de sel, Arc-et-Senans n’apporte plus aujourd’hui  de grands témoignages à l’inverse de la Grande Saline de Salins-les-Bains  mais il faut absolument visiter la Saline Royale pour y admirer les stupéfiantes maquettes d’un architecte urbaniste à l’imagination particulièrement féconde. Les œuvres de Claude-Nicolas Ledoux parfois résolument futuristes ne peuvent laisser indifférents.
A noter que la Grande Saline de Salins-les-Bains et la Saline Royale d’Arc-et-Senans ainsi que Besançon, La Chaux-de-Fonds et Le Locle sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

En savoir plus : 

Saline Royale d’Arc-et-Senans :  www.salineroyale.com

Grande Saline – Musée du sel  : www.salinesdesalins.com

Chemin des Gabelous, gendarmes de la gabelle qui traquaient inlassablement les contrebandiers du sel. Le chemin longe le tracé supposé du saumoduc  : www.salins-les-bains.com

A voir aussi : les thermes de Salins-les-Bains où il est particulièrement revigorant de se baigner dans une piscine à l’eau salée et chauffée. Curieuse impression de flottaison…  Les thermes proposent aussi cures thermales et gammes de soins de remise en forme. www.thermes-salins.com
Claude Hirsinger à Arbois - Photo : Gérard Conreur
Claude Hirsinger dans son musée
Nous reviendrons sûrement sur cette région si attachante qu’est la Franche Comté dont il y a tant à dire et plus encore à découvrir. Comment, en effet, ne pas mentionner les personnages célèbres de cette région : Louis Pasteur, Gustave Courbet, Victor Hugo, Proudhon, Rouget de Lisle ou encore la Famille Peugeot et tant d’autres encore…  Pays de vins : les vins d’Arbois, les vins jaunes sans oublier les inimitables mais trop confidentiels vins de paille, divins nectars. En traversant Arbois, nous nous sommes arrêtés chez Hirsinger, le célèbre chocolatier. Claude Hirsinger nous a reçus avec une grande gentillesse et dans son musée situé au sous-sol entre dégustations et anecdotes, il n’y avait que de la saveur et de la qualité. www.chocolat-hirsinger.com
Ancienne vitrine du magasin Hirsinger à Arbois - © Gérard Conreur
Ancienne vitrine du magasin Hirsinger à Arbois - © Gérard Conreur



Chèvrerie artisanale de Céline Nicole - © Gérard Conreur
La Franche Comté est encore le pays de l’absinthe, de la poularde au vin jaune et aux morilles, de la saucisse de Morteau, du Comté à la douceur si fruitée. Non loin du Mont Poupet où Pasteur fit de quelques expériences et où dit-on par temps clair on peut voir le Mont-Blanc,  à Marmoz dans le Jura, se trouve la chèvrerie artisanale de Céline Nicole. Il serait dommage de ne pas vous y arrêter un instant. Ici la saveur la plus délicate côtoie les pâtes les plus corsées en bouche. Indispensable découverte : www.marnoz-chevre.com


Gérard Conreur